🇹🇳  Institution officielle — Conseil National de l'Ordre des Médecins de Tunisie
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Ordre des Médecins Tunisie
🏛️ Patrimoine institutionnel

Histoire de l'Ordre
des Médecins de Tunisie

Depuis les premières règles encadrant l’exercice médical à la fin du XIXᵉ siècle jusqu’à l’organisation ordinale actuelle, l’histoire de l’Ordre des médecins accompagne les grandes transformations de la médecine tunisienne.

Depuis les premières règles encadrant l’exercice médical à la fin du XIXᵉ siècle jusqu’à l’organisation ordinale actuelle, l’histoire de l’Ordre des médecins accompagne les grandes transformations de la médecine tunisienne. Au fil des décennies, l’institution s’est progressivement construite autour de missions qui demeurent essentielles : veiller au respect de la déontologie, préserver l’honneur et l’indépendance de la profession et contribuer à une médecine exercée dans l’intérêt du patient et de la société. Cette chronologie est principalement fondée sur la publication institutionnelle Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, 2008, complétée par les textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Les grandes étapes historiques

1888 – 1955
Origines et période du Protectorat

Le 15 juin 1888, un décret beylical réglemente l’exercice de la médecine, de la chirurgie et de l’art des accouchements en Tunisie. Il constitue l’un des premiers fondements juridiques de l’organisation de l’exercice médical dans le pays.

Le 12 juin 1941, un décret beylical institue l’Ordre des médecins de Tunisie. Le Conseil est alors composé de douze médecins nommés par arrêté du Résident général et placé sous la tutelle du Secrétaire général du Gouvernement.

Ses principales missions sont déjà clairement définies : surveillance de l’exercice de la médecine, maintien de la discipline professionnelle, sauvegarde de l’honneur et de la moralité de la profession et représentation des médecins auprès des pouvoirs publics. La tenue d’un Tableau de l’Ordre fait déjà partie de ses attributions.

« Le Conseil de l’Ordre est chargé de la surveillance de l’exercice de la médecine sur tout le territoire de la Tunisie, du maintien de la discipline intérieure et générale de l’Ordre, de la garde de son honneur, de sa morale et de ses intérêts. » — Décret beylical du 12 juin 1941, art. 4 — cité dans CNOM, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, 2008.

Le 18 octobre 1943, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, l’Ordre est supprimé. Il est rétabli par le décret beylical du 13 janvier 1944. Cette réforme introduit une évolution fondamentale : les membres du Conseil sont désormais élus par les médecins inscrits au Tableau de l’Ordre. Le texte organise également la discipline professionnelle et les voies de recours.

Le 6 avril 1944, une nouvelle modification permet aux médecins tunisiens d’être éligibles à la présidence du Conseil. Le 10 juillet 1947, un nouveau décret confirme et précise l’organisation de l’Ordre et les conditions d’exercice de la médecine. Les élections de décembre 1947 conduisent à la constitution d’un nouveau Conseil comprenant plusieurs grandes figures de la médecine tunisienne.

Le 9 février 1954, les membres du Conseil décident de remettre collectivement leur démission à leur président si les revendications portées par l’assemblée générale extraordinaire des médecins ne sont pas satisfaites. En 1955, une commission spéciale provisoire est instituée afin d’exercer les attributions du Conseil de l’Ordre.

Repères historiques
1888Décret beylical du 15 juin — premier encadrement de l’exercice médical.
1941Création de l’Ordre des médecins de Tunisie.
1943Suppression de l’Ordre.
1944Rétablissement de l’Ordre et introduction du principe électif.
1947Nouvelle organisation de la profession médicale.
1955Commission spéciale provisoire.

Référence : Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, 2008, pp. 8-11.

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1888–1955
1956–1973
1956 – 1973
Indépendance et naissance de l’Ordre national

Le 20 mars 1956, la Tunisie accède à l’indépendance. La profession médicale entre dans une phase de profonde transformation institutionnelle. Le départ d’une grande partie des médecins étrangers entraîne notamment une diminution considérable du nombre de praticiens exerçant dans le pays.

Le 25 juillet 1957, l’Assemblée nationale constituante abolit la monarchie et proclame la République tunisienne. Cette date ouvre une nouvelle phase dans la construction des institutions nationales.

La loi n° 58-38 du 15 mars 1958, relative à l’exercice et à l’organisation des professions de médecin, de chirurgien-dentiste et de vétérinaire, remplace le dispositif hérité du Protectorat. Elle définit les nouvelles conditions d’exercice de la médecine et organise l’Ordre dans le cadre de l’État tunisien indépendant.

En 1959, le premier Conseil de l’Ordre issu du nouveau cadre juridique national est élu. Le Dr Mahmoud El Materi en devient président.

Portrait du Dr Mahmoud El Materi

Dr Mahmoud El Materi

Premier président du Conseil élu dans le cadre ordinal de la Tunisie indépendante

Le Conseil comprend notamment Saïd Mestiri, Brahim El Gharbi, Abdelmajid Charrad, Tawhida Ben Cheikh, Tahar Zaouche, Ali Fourati, Béchir Hamza, Béchir Daoud, Georges Valensi, Tahar Ben Soltane et Gaston Cohen Boulakia. La présence de Tawhida Ben Cheikh, première femme médecin tunisienne, constitue également un jalon remarquable de l’histoire ordinale.

Repères historiques
1956Indépendance de la Tunisie — 20 mars.
1957Proclamation de la République — 25 juillet.
1958Loi n° 58-38 du 15 mars — refondation de l’organisation de la profession.
1959Premier Conseil de l’Ordre dans le cadre national ; présidence du Dr Mahmoud El Materi.

Références : loi n° 58-38 du 15 mars 1958 ; CNOM, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, 2008, pp. 11-13.

1973 – 1990
Déontologie et consolidation institutionnelle

Le décret n° 73-496 du 20 octobre 1973 institue le premier Code de déontologie médicale tunisien. Il structure les devoirs des médecins envers les patients, leurs confrères, la profession et la société.

Cette période accompagne également l’évolution de la représentation professionnelle médicale. En 1974 est créée l’Association Générale des Médecins de Tunisie (AGMT), tandis que d’autres formes de représentation syndicale se développent progressivement.

L’Ordre consolide parallèlement son rôle propre : respect de la déontologie, qualification des médecins, discipline professionnelle, tenue du Tableau et défense de l’honneur et de l’indépendance de la profession.

Repères historiques
1973Décret n° 73-496 du 20 octobre — premier Code de déontologie médicale tunisien.
1974Création de l’Association Générale des Médecins de Tunisie.

Références : décret n° 73-496 du 20 octobre 1973 ; CNOM, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, 2008.

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1973–1990
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1991–2006
1991 – 2006
Le cadre juridique de l’Ordre contemporain

La loi n° 91-21 du 13 mars 1991, relative à l’exercice et à l’organisation des professions de médecin et de médecin-dentiste, constitue le socle juridique de l’organisation ordinale contemporaine.

Son article 11 définit les missions fondamentales de l’Ordre : veiller au maintien des principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la profession ; assurer la défense de l’honneur et de l’indépendance de la profession ; représenter et défendre les intérêts moraux de ses membres ; organiser des œuvres de retraite ou d’entraide ; participer à la promotion et à l’encouragement de la recherche scientifique.

La loi organise l’Ordre autour du Conseil national, des Conseils régionaux et du Conseil de discipline.

Le décret n° 91-1647 du 4 novembre 1991 institue initialement cinq Conseils régionaux : Tunis, Béja, Sousse, Sfax et Gabès. Le décret n° 92-448 du 24 février 1992 précise l’organisation du Conseil national et les modalités d’élection de ses membres. Le Conseil national est composé de seize membres élus pour quatre ans, renouvelables par moitié tous les deux ans.

Le décret n° 93-1155 du 17 mai 1993 adopte un nouveau Code de déontologie médicale et abroge celui de 1973. Il consacre notamment le respect de la vie et de la personne humaine, le secret professionnel, l’indépendance professionnelle, la compétence, la confraternité et le principe selon lequel la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce.

Le décret n° 2006-2225 du 7 août 2006 porte le nombre de Conseils régionaux de cinq à six, avec la création du Conseil régional de Gafsa.

Textes structurants
1991Loi n° 91-21 du 13 mars — missions et organisation de l’Ordre.
1991Décret n° 91-1647 du 4 novembre — Conseils régionaux.
1992Décret n° 92-448 du 24 février — organisation et élections du Conseil national.
1993Décret n° 93-1155 du 17 mai — Code de déontologie médicale.
2006Décret n° 2006-2225 du 7 août — six Conseils régionaux.

Références : loi n° 91-21 du 13 mars 1991 ; décrets n° 91-1647 du 4 novembre 1991, n° 92-448 du 24 février 1992, n° 93-1155 du 17 mai 1993 et n° 2006-2225 du 7 août 2006.

2008 – 2026
Modernisation législative : d’hier à aujourd’hui

En 2008, le Conseil national de l’Ordre des médecins publie l’ouvrage L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan. Cette publication retrace cinquante années d’évolution de l’institution depuis sa refondation dans la Tunisie indépendante et constitue une source institutionnelle majeure pour l’histoire de l’Ordre.

Les présidences des Drs Abdelhamid Hachicha (2003–2004), Taoufik Nacef (2005–2010), Mohamed Néjib Chaabouni (2011–2014) et Nabil Ben Zineb (2015–2016) accompagnent l’Ordre dans une période marquée par la Révolution de 2011 et une accélération des réformes destinées à adapter le cadre juridique de la médecine tunisienne aux défis contemporains.

Le règlement intérieur de l’Ordre est révisé et adopté par le Conseil national le 23 septembre 2016. Il précise notamment le fonctionnement des Conseils, les responsabilités des conseillers ordinaux, le secret des délibérations, la prévention des conflits d’intérêts, le fonctionnement des commissions et les règles de gouvernance financière.

La loi n° 2018-43 du 11 juillet 2018 complète la loi n° 91-21 de 1991 en introduisant un cadre légal pour la télémédecine. Ce cadre est ensuite précisé par le décret présidentiel n° 2022-318 du 8 avril 2022, qui fixe les conditions générales d’exercice de la télémédecine et les domaines de son application. Des textes réglementaires pris en 2024 viennent compléter ce dispositif.

La loi n° 2024-32 du 19 juin 2024 marque une évolution majeure du cadre juridique de l’exercice médical en consacrant les droits des bénéficiaires des services de santé et en définissant le régime de la responsabilité médicale.

Sous les présidences successives des Drs Mounir Youssef Makni (2017–2019), Slim Ben Salah (2019–2021), Ridha Dhaoui (2021–2025) puis Rym Ghachem Attia, élue en janvier 2025 — première femme à présider l’institution —, l’Ordre poursuit plusieurs chantiers de refonte et de modernisation : révision du Code de déontologie médicale, nouvelle loi sur l’exercice médical, encadrement de l’exercice en société et introduction du vote électronique pour les élections ordinales. Ces évolutions, encore en cours, s’inscrivent dans la continuité d’une institution appelée à adapter ses règles aux mutations de la médecine et de la société.

Repères contemporains
2008Publication du CNOM : L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan.
2016Révision du règlement intérieur du Conseil national.
2018Loi n° 2018-43 — introduction de la télémédecine dans le cadre légal de l’exercice médical.
2022Décret présidentiel n° 2022-318 — conditions générales d’exercice de la télémédecine.
2024Loi n° 2024-32 — droits des bénéficiaires des services de santé et responsabilité médicale.
2025Dr Rym Ghachem Attia devient la première femme à présider le Conseil national.
en coursRévision du Code de déontologie, nouvelle loi sur l’exercice médical, exercice en société et vote électronique.
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2008–2026

Les sièges de l’Ordre à travers le temps

De l’Avenue de Paris à El Manar

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a toujours eu son siège à Tunis. Au fil de son développement, l’institution a occupé plusieurs locaux, adaptés progressivement à l’évolution de ses missions et de son activité.

Jusqu’en 1962
23, Avenue de Paris — Tunis
Premier siège du Conseil national après l’indépendance.
À partir de 1962
18, rue de Russie — Tunis
Locaux partagés avec la Société des Sciences Médicales, comprenant notamment une salle de conférences, une bibliothèque, une salle de réunion et plusieurs bureaux administratifs.
Juillet 1990
16, rue de Touraine — Tunis
Acquisition d’un nouveau local, avec la Société Tunisienne des Sciences Médicales, dans une zone résidentielle en périphérie du centre-ville afin d’améliorer l’accessibilité.
Aujourd’hui
Rue de Malaga, El Manar I, 2092 Tunis
Siège actuel du Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie.

Ceux qui ont présidé le Conseil National

HB
Dr Henri Bouquet
1942 – 1958
ME
Dr Mahmoud El Materi
1959 – 1963
TZ
Dr Tahar Zaouche
1963 – 1971
BG
Dr Brahim El Gharbi
1971 – 1985
HG
Dr Hachmi El Garoui
1985 – 1989
HA
Dr Hachmi Ayari
1989 – 1997
AG
Dr Abderrahman Gafsi
1997 – 1999
MC
Dr Mondher Chaabouni
1999 – 2002
AH
Dr Abdelhamid Hachicha
2003 – 2004
TN
Dr Taoufik Nacef
2005 – 2010
NC
Dr Mohamed Néjib Chaabouni
2011 – 2014
NB
Dr Nabil Ben Zineb
2015 – 2016
MK
Dr Mounir Youssef Makni
2017 – 2019
SB
Dr Slim Ben Salah
2019 – 2021
RD
Dr Ridha Dhaoui
2021 – 2025
RG
Dr Rym Ghachem Attia
Depuis 2025 — présidente actuelle

📚 Sources et références

  1. Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie, L’Ordre des médecins 1958-2008 : Le Bilan, Tunis, 2008 — source institutionnelle principale de l’historique.
  2. Décret beylical du 15 juin 1888, relatif à l’exercice de la médecine, de la chirurgie et de l’art des accouchements.
  3. Décret beylical du 12 juin 1941, instituant l’Ordre des médecins de Tunisie.
  4. Décrets beylicaux des 13 janvier et 6 avril 1944, portant réorganisation de l’Ordre.
  5. Décret du 10 juillet 1947, relatif à l’organisation de la profession médicale.
  6. Loi n° 58-38 du 15 mars 1958, relative à l’exercice et à l’organisation des professions de médecin, de chirurgien-dentiste et de vétérinaire.
  7. Décret n° 73-496 du 20 octobre 1973, portant Code de déontologie médicale.
  8. Loi n° 91-21 du 13 mars 1991, relative à l’exercice et à l’organisation des professions de médecin et de médecin-dentiste.
  9. Décret n° 91-1647 du 4 novembre 1991, relatif aux Conseils régionaux de l’Ordre.
  10. Décret n° 92-448 du 24 février 1992, portant organisation du Conseil national et fixant les modalités et le déroulement des élections.
  11. Décret n° 93-1155 du 17 mai 1993, portant Code de déontologie médicale, JORT n° 40 des 28 mai et 1er juin 1993.
  12. Décret n° 2006-2225 du 7 août 2006, modifiant le décret n° 91-1647 du 4 novembre 1991.
  13. Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie, Règlement intérieur, version révisée adoptée le 23 septembre 2016.
  14. Loi n° 2018-43 du 11 juillet 2018, complétant la loi n° 91-21 du 13 mars 1991 et introduisant la télémédecine.
  15. Décret présidentiel n° 2022-318 du 8 avril 2022, fixant les conditions générales d’exercice de la télémédecine et les domaines de son application.
  16. Loi n° 2024-32 du 19 juin 2024, relative aux droits des bénéficiaires des services de santé et à la responsabilité médicale.
  17. Instance nationale de protection des données personnelles (INPDP), guide à destination des médecins — coordonnées du Conseil national : Rue de Malaga, El Manar I, 2092 Tunis.

Une institution en perpétuelle évolution

« Depuis sa création en 1941 et sa refondation dans la Tunisie indépendante en 1958, l’Ordre des médecins accompagne l’évolution de la médecine tunisienne tout en demeurant garant des valeurs fondamentales de la profession. »

Au-delà de la tenue du Tableau et de ses missions disciplinaires, l’Ordre est chargé par la loi de défendre l’honneur et l’indépendance de la profession et de veiller au respect des principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice médical.

1941Création de l’Ordre
1958Refondation dans la Tunisie indépendante
1991Socle juridique de l’Ordre actuel
2008Cinquantenaire et publication du bilan institutionnel